Macron : ce président anti-écologique sous couvert d’écologie

Souvenez vous, c’était en avril 2017 sur France 2, Macron déclarait : «Fessenheim,  oui, ce sera fermé. Il faut arrêter les marches avant et les reculs sur ce sujet-là. Là-dessus, il ne faut pas reculer. » La fermeture de Fessenheim est bien une proposition issue de son programme électoral qui aurait pu laisser croire que Macron allait marquer la politique énergétique française vers une orientation plutôt défavorable au nucléaire.Fessenheim aurait ainsi été le 1er acte fort de ce gouvernement. Aujourd’hui, en novembre 2018, en dépit de sa dangerosité, cette centrale fonctionne toujours, le président préférant y prodiguer un acharnement thérapeutique avec la complicité de la sureté nucléaire.

En aout dernier, Macron cajolait les chasseurs en leur accordant une baisse du permis national de 50%. Alors que sur 64 espèces d’oiseaux chassables, 20 sont inscrits sur la liste rouge de l’Union internationale de la protection de la nature. Les chasseurs provoquaient d’ailleurs les écologistes à travers une campagne « Nous sommes les premiers écologistes de France ».

En septembre dernier, il refusait d’inscrire dans le marbre l’interdiction du glyphosate, substance jugée cancérigène par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) alors que son usage vient d’être lourdement condamné par un tribunal étasunien pour ne pas avoir informé de la dangerosité de l’herbicide « Roundup ». Paradoxalement, en juin dernier, la Commission européenne prolongeait de 18 mois l’autorisation de vente du glyphosate en s’appuyant sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui s’en remettait à des études fournies par Monsanto. Selon l’observatoire européen CEO, le lobby des pesticides, piloté par Bayer, serait le plus influent à Bruxelles.

En octobre dernier, le même Macron autorisait le groupe pétrolier Total à mener une campagne d’exploration pétrolière en Guyane. Ne tenant pas compte que ces forages se situent à proximité d’un récif corallien unique découvert au large de l’embouchure du fleuve Amazone, il préfèrera caresser le groupe pétrolier.

Toujours en octobre dernier, le groupe parlementaire LRM refusait de supprimer un avantage fiscal visant les biocarburants à base d’huile de palme. La encore, il n’est pas surprenant d’apprendre que ce projet de bio-raffinerie soit soutenu par le groupe Total. Toutes ces largesses vis-à-vis du groupe pétrolier se font bien entendu au détriment d’une écologie responsable. Macron oublie qu’entre 1990 et 2010, 8,7 millions hectares de forêt (deux fois la région Rhônes-Alpes) ont été rasés en Indonésie, en Malaisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au profit des cultures de palmiers à huile menaçant au passage la biodiversité.

 

Alors, quand Macron ainsi que les députés LRM se muent en ardents défenseurs de la cause écologique pour faire passer l’augmentation du prix du carburant, ils ne sont franchement pas crédibles !

 

Le président n’est qu’à un an et demi de mandat et ce quinquennat ressemble déjà à une torture morale et psychologique, ponctué d’une injustice fiscale et rendant les trois années et demi restantes impossibles à envisager s’il maintient un cap aussi éloigné des vraies préoccupations du peuple.

 

 

 

Marie-Anne Nedyj, juriste et signataire de l’Appel « préservons l’avenir en commun »

3 Commentaires

  1. claire couly

    Sans compter le scandale du soutien au projet d’exploitation aurifère de la Montagne d’Or en Guyane, qui est une aberration écologique, sociétale et économique, avec la déforestation de la forêt amazonienne sur une superficie équivalente à 20 stades de France engendrant des risques de pollution majeure de l’environnement, de santé publique et de sécurité pour les populations locales.

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    1. L'équipe de Préservons l'Avenir En Commun (Auteur de l'article)

      En effet, ce projet est un monstre industriel prévu pour 2018 : il s’inscrit sur 190km2 de concessions et prévoit une fosse de 2,5km de long, 500m de large et 400m de profondeur. Son usine de traitement de minerai par cyanuration exige l’énergie de 20% de la consommation annuelle de la Guyane.

      Les sites industriels de ce type détruisent immanquablement la forêt et les écosystèmes sur lesquels ils s’implantent et bien au-delà, du fait du probable drainage minier acide. Le risque majeur repose sur le stockage en digue de millions de tonnes de boues cyanurées. Au moins 25 ruptures de digue ont eu lieu depuis 2000 dans le monde. En 2015, le Brésil a connu un accident similaire considéré comme l’une des pires catastrophes écologiques.

      La Guyane inclut une partie encore intacte de la forêt amazonienne, poumon de notre planète, et zone de biodiversité extraordinaire. Ce territoire doit absolument être préservé d’activités aussi destructrices.

      L’exploitation minière de l’or n’est pas indispensable. Les besoins industriels représentent seulement 8% de l’or extrait. La filière du recyclage en a fourni 3 fois plus en 2015.

      Si la France autorise l’exploitation à grande échelle de ce premier gisement, elle s’exposera nécessairement à la multiplication de projets miniers équivalents.

      Ce choix de société n’est pas une solution de développement pérenne. La population n’a pas été consultée et les procédures imposant de recourir au Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengué n’ont pas été respectées.

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      1. L'équipe de Préservons l'Avenir En Commun (Auteur de l'article)

        Un soutien de poids dans cet alarmant constat :

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