Faut-il être soumis pour mériter d’être insoumis

Par Olivier Spinelli,  ex membre du comité électoral FI

 

La France Insoumise, dont parait-il avec quelques-uns, je me serais auto-banni, a plus que tout autre mouvement un devoir d’exemplarité à remplir en matière de démocratie.

Pourquoi construire en effet la 6 ème république si celle-ci devait être bananière ?

Comment prétendre rendre le pouvoir au Peuple lorsque les conditions élémentaires de transparence ne sont pas réunies pour un simple vote militant ?  Comment donner foi à la belle idée du tirage au sort si le hasard est soupçonné de calcul ?

Comment faire vivre les idées et l’exercice de l’esprit critique quand toute voix émise hors du cadre est qualifiée de « criminelle », ses auteurs condamnés au « bannissement », et pourquoi pas le pilori ou le brûlage au fer rouge ?

Quel humanisme républicain incarner lorsque sont bafouées tour à tour Liberté, Egalité et Fraternité ?

Les conditions du vote des militants sur la composition de liste européenne sont, dans leur obscurité, finalement assez éclairantes.

On aura d’abord demandé aux Insoumis de se prononcer sur une liste à laquelle il manque pas moins de dix noms, comme s’il fallait cacher celles et ceux qui, tapis dans l’ombre des arrières cuisines, se préparent déjà à venir à la gamelle.

On aura ensuite demandé aux Insoumis de voter nominativement, sans anonymat, sans isoloir, avec leur simple e-mail associé à leur nom. Du jamais vu, et il faut sur ce point reconnaître à la méthode une certaine excellence dans l’innovation. Mieux : ils pouvaient voter plusieurs fois, avec plusieurs e-mails enregistrés sur la plate-forme !

Enfin, on aura demandé aux Insoumis d’accepter sans broncher le résultat d’un scrutin dépouillé numériquement par on ne sait qui ni comment, aucune indication sur ces données élémentaires n’étant mentionnés sur la plate-forme, ni d‘ailleurs nulle part.

Je ne dis pas ici que ce vote a été truqué, je n’en sais rien. Je dis simplement qu’il aura été demandé aux Insoumis d’accorder une confiance aveugle, totale, et pour tout dire soumise, aux organisateurs de cette opération.

Au moment où le mouvement est traversé par une profonde crise de confiance à la fois sur la ligne, la stratégie et le fonctionnement…Je me dis qu’il faut aujourd’hui être drôlement soumis pour mériter être insoumis.

 

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