Emmanuel Macron n’a pas répondu pas aux attentes des Gilets Jaunes

 

Communiqué

des initiateurs de l’appel « Préservons l’avenir en commun ! »

 

 

 

Les annonces faites par le président de la République pour éteindre l’incendie social qui menace de se propager sont loin de satisfaire les « Gilets jaunes ».

La prétendue hausse du salaire minimum n’est qu’une revalorisation anticipée de 70 euros de la prime d’activité, s’ajoutant aux 20 euros d’indexation automatique du SMIC à temps plein sur l’inflation et aux dix euros déjà programmés cette année. Cette hausse de 70 euros devait s’étaler jusqu’en 2022, le calendrier a juste été accéléré. Notons que les travailleurs à temps partiel ne toucheront évidemment pas la même somme.

La suppression de la hausse de la CSG pour les pensions de retraites inférieures à 2000 euros masque le fait majeur que l’indexation des pensions sur les prix n’est pas rétablie. Cela se traduira chaque année par une perte de pouvoir d’achat systématique.

La prime de fin d’année reste facultative. Sa défiscalisation engendrera un énorme effet d’aubaine pour les entreprises qui l’on déjà programmée.

La défiscalisation des heures supplémentaires s’inscrit dans la logique du « travailler plus pour gagner plus », dont Nicolas Sarkozy faisait jadis la promotion. Non seulement cette mesure ne modifie en rien le partage du gâteau, mais elle bloquera tout mouvement de réduction du temps de travail, nécessaire pour enrayer la montée du chômage. C’est d’ailleurs la logique des lois travail que d’alléger le coût des heures supplémentaires pour accroître le recours aux heures supplémentaires.

Aucune revalorisation des minima sociaux n’a été annoncée. Aucun accompagnement social de la transition écologique n’a été évoqué.

Au total, les mesures annoncées sont parfaitement compatibles avec la politique de l’offre, consistant à redresser le taux de marge des entreprises. Il n’y a pas de changement de cap. Les mesures annoncées seront financées par le déficit budgétaire et/ou en « déshabillant Paul pour habiller Pierre », d’autant plus que le rétablissement de l’ISF, qui aurait engendré un surcroît de recettes de 3,5 milliards, a été écarté.

Enfin, le chantier institutionnel relève-t-il d’une opération de communication ? La reconnaissance du vote blanc et la dose de proportionnelle évoquées sont certes les bienvenues. Pour autant, il n’est aucunement question de remettre en cause la monarchie élective qu’est fondamentalement la cinquième République.

 

            Nous réaffirmons notre solidarité avec le mouvement des « Gilets jaunes » et mettons à leur disposition les réflexions faites sur notre plateforme interactive.

1 Commentaire

  1. Jean-Pierre Boudine

    A supposer que le mouvement connaisse une interruption, ce qui n’est pas sûr, il ne s’agit que d’un round. Lors de ce round, les travailleurs ont marqué des points. L’État a pris des coups et a du manœuvrer en recul. Rien n’est achevé. Maintenant s’annonce la suite : le Président a une feuille de route contraignante : réforme des retraites, réforme de la sécurité sociale, réforme de l’indemnisation des chômeurs. Il aborde la suite du match dans des conditions très difficiles. La question la plus importante pour nous c’est celle du lien avec les luttes ouvrières et syndicales. Nous devons, je crois, combattre le dénigrement systématique des syndicats, et même des partis, là où il existerait. Il faut aussi dépasser le refus de toute représentation.

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