Du quinoa aux gilets jaunes

A la poubelle les pages glamour de Gala enquinoées. Plus assez peuple ! Place aux braséros du petit matin sur les barrages, aux cubis de rosé et à la charcutaille bien de chez nous.  Vous voulez du peuple, on vous en donne ! Comme on vous avait donné du commerce équitable et du vélib avant que la fashion week passe au gilet jaune sur pull et survêtement.

En quelques semaines on est ainsi passé du recyclage de trottinettes à la récup du gas oil. Mais de quelle forme de mépris tout cela est-il le nom ? Celui de la misère, la vraie misère qui ne sait pas tricher : choisir entre le plein d’essence et faire les courses, avoir froid chez soi quand la cuve ne peut être remplie, ne pas savoir aussi choisir ses mots, alors on les crie, on les éructe, on les boit. Et on se bat. Comme l’ennemi n’est pas là, on en choisit un autre, le bloqué, l’autre gilet jaune, le flic, la télé. Violence.

Mais cette violence, qu’est-elle à côté de celle générée par le mépris de la plasticité des postures ? A côté de ceux qui voudraient nous faire croire qu’on est à « Nuit debout » sur les départementales alors qu’on est venu au Téléthon de la colère? Ils ne savent peut être pas choisir leurs mots, les gilets jaunes, ni leur façon de faire. Mais je ne sais pas pourquoi, c’est eux que je préfère.

Olivier Spinelli

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