Augmentation du prix du carburant : une volonté politique plus qu’un véritable projet d’orientation des mobilités

On le sait depuis longtemps,  le train est de loin le mode de transport le moins polluant. Pour un trajet de 500 km, un TGV émettra 3,2 kg de dioxyde de carbone, alors qu’un autobus en emettra 130 (pour le même trajet). On le sait depuis longtemps, leurs gaz d’échappement  produisent une quantité inquiétante de fines particules nocives pour la santé, sous forme de suies. Quant à leurs  emissions d’oxyde d’azote, elles apparaissent comme les pires avec un taux supérieur à 140 kg (Source : rapport SET 1/97). Le gouvernement Macron fait pourtant le choix d’innonder nos routes d’autobus au détriment de certaines lignes locales de chemin de fer.

Alors qu’on sait que certains véhicules automobiles sont beaucoup plus pollueurs que d’autres : un 4*4 emet ainsi 250 g de CO2/km/personne soit 125 kg pour notre trajet référence de 500 km. Le gouvernement Macron ferme les yeux et choisit de faire payer l’addition à tous les citoyens.

Alors que notre pays n’a jamais réellement eut la volonté de dévellopper le féroutage faisant le choix du transport de marchandise par la route. Bizarement, aucune enquête sur la pollution des camions n’a été sérieusement menée par le Sénat. Pire, les gouvernements successifs continuent de favoriser le diesel pour les camions par le biais de niches fiscales. En 2017, ce cadeau représentait près de 1,2 milliard d’euros qui auraient pu être investis  dans un grand plan de transport par le rail. Sans l’arrêt immédiat de ce passe droit, le gouvernement Macron persiste, en quelque sorte, à financer le déréglement climatique.

Alors que les produits issus des circuits courts devraient être ceux qui bénéficient prioritairement de ces exonarations fiscales afin d’insiter leur commercialisation.

Alors que les choix du transport ne sont pas effectués dans l’intérêt général mais sous la pression de certains lobbies défendant chacun leurs positions.

Alors que dans les grandes villes, les transports en commun devraient, à terme, s’orienter vers la « gratuité pour tous », choix est fait par certaines d’en augmenter les tarifs.

Alors que le marché automobile au niveau européen doit être sructuré par une définition claire et indérogeable de règles antipollution, aucune autorité nationale n’a jugé utile de sanctionner Volkswagen quand le groupe reconnaissait que 8,5 millions des 11 millions de véhicules équipés de logiciels truqués avaient été vendus en Europe.

Alors que les énergies fossiles nous ont menées dans l’impasse climatique et sanitaire faisant 48 000 victimes par la pollution de l’air chaque année, aucune volonté de dévelloper et de financer les carburants d’avenir tels que le biométhane, l’hydrogène ou l’électrique n’est envisagé.

Le gouvernement Macron laisse sans réelles alternatives les citoyens des zones rurales pour qui la voiture est le seul moyen de se rendre au travail. Aucune insitation fiscale,  comme celle accordée au transport routier, n’est envisagée pour que le citoyen s’équipe de voiture propre, alors que l’on sait que leur coût d’achat demeure élevé.

Il est pourtant du devoir du gouvernement Macron de promouvoir ce genre d’achat.

Il est du devoir du gouvernement Macron d’équiper les stations services de notre pays de pompes proposant ces carburants propres, il est de son devoir de réunir les constructeurs automobiles français autour d’une table ronde afin de promouvoir la branche « recherche » avec comme objectif la fabrication à grande échelle de moteurs n’utilisant pas, ou à moindre mesure, les énergies fossiles.

Il est de son devoir de promouvoir le féroutage à travers un « plan national du rail ».

Il est de son devoir de préparer une loi d’orientation des mobilités afin d’engager une politique nationale de transports et de mobilités vers une transition écologique, énergétique et sanitaire.

Il est enfin de son devoir de donner les moyens aux collectivités territoriales de mettre en place ce grand plan national d’orientation des mobilités au niveau local, et non de les mettre à genoux par des baisses drastiques de dotations.

Au lieu de cela, le président Macron, président du pouvoir d’achat des Français(es), s’en prend directement à leur pouvoir d’achat en augmentant le prix des carburants.

On le sait, les transports représentent à eux seuls, le secteur le plus polluant en terme d’émission de gaz à effet de serre. Mais les transports regroupent le transport routier mais aussi d’autres transports (aériens, ferroviaires, fluviaux et maritimes hors transports internationaux). S’en prendre uniquement aux automobilistes pour décarbonner l’économie de la France par le biais d’un matracage fiscal est d’une criante hypocrisie.

Edouart Philippe s’en fait d’ailleurs l’un des digne représentant, lorsque devant les députés français, le 23 octobre dernier, il osait affirmer que l’augmentation du prix des carburants est liée à une hausse du prix du pétrole. Il ne nous fait pas oublier que le prix du carburant en France est constitué à 70% de taxes, il ne leurre personne quant à la capacité accrue des spéculateurs à influencer le prix du pétrole sur la scène internationale.

Cette politique punitive, sous couvert d’écologie, n’est pas une fatalité mais bien une volonté politique de faire payer les français (es).

Il est temps qu’une véritable réflexion sans faux semblants et impliquant tous les acteurs du secteur du transport soit mise en place et cela dans le cadre d’un texte de loi d’orientation des mobilités. Il est urgent que les femmes et les hommes politiques de ce gouvernement prennent leurs responsabilités et cessent de s’en prendre aux ménages français qui sont au bord de l’asphyxie.

Marie-Anne Nedyj – Juriste- Ex membre du comité électoral de la france insoumise

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